
Alley Boy – The Gift Of Discernment -
L’Artiste
Que dire d’Alley Boy ? Non sérieusement, dire que c’est une étoile montante d’Atlanta serait comme dire que l’eau de mer est salée. Faudrait-il cartographier Atlanta ? Dire que la zone 1 appartient incontestablement à T.I. malgré les tentatives minables de Shawty Lo de s’accaparer le contrôle de la zone, que la zone 4 elle appartient à des rappeurs beaucoup moins prisés en ce moment … disons que College Park s’y trouvant, seul Ludacris peut se targuer de régner en maître sur le secteur. Et c’est pas les Ying Yang Twins ou Yung Joc qui viendront le contredire. Par contre pour la Zone 6 c’est déjà plus bordélique : Gucci Mane ayant fait connaître OJ Da Juiceman & Waka Flocka, le problème ne se pose pas, mais qu’en est-il des outsiders comme Future et autre membres du DTE ? Hein ? Qu’en dit-on du Duct Tape Entertainment ? Dirigé d’une main de fer par Alley Boy (son frère en réalité) & Trouble, ces gars-là ont des choses à dire figurez-vous, sur leur conditions, mais aussi sur la manière dont Atlanta est representée, et ça devient tout de suite intéressant. Surtout lorsqu’un beef implicite éclate entre Alley Boy, Jeezy & T.I., qui ne comptent pas répondre, dans leur effort d’unifier le A. C’est sur Nigganati sa dernière mixtape qu’il affirme sa volonté d’en être, et ne pas rester sur le bas côté à regarder les choses se faire. Et c’est partant du même contexte qu’on assiste à un nouveau drive-by, un nouveau pavé dans la marre : The Gift Of Discernment.
La Mixtape
Du grand art : Big K.R.I.T., Will A Fool, The Renegades, Cool & Dre, Cardiak pour les producteurs, mais … c’est un album ? Non même pas toujours les mêmes goons à l’appel Veli Sosa, Trouble pour representer le DTE, Eastside Jody qui commence â être un membre de la famille si c’est pas déjà le cas, Pusha-T, Gunplay & Yo Gotti, Big K.R.I.T. (aussi en featuring) pour le côté fantaisiste de la chose.
La Tracklist

Mon Avis
Pour ceux qui refusaient d’y croire, malgré les articles, Alley Boy a un souci avec Jeezy & Tip et il vous le fait comprendre une fois de plus : ce sont peut-être vos héros à vous, mais les siens sont les classiques et indétrônables UGK, 8Ball MJG et Scarface, pour ne citer qu’eux. En continuant sur sa lancée, il obtient même de Pusha-T un couplet sur lequel, il crache à cœur joie sur vos rappeurs préférés, oui une fois de plus. Ils devaient sûrement pas viser les mêmes artistes. Mais le message est clair : vos rappeurs préférés vous mentent, la manœuvre étant de vous faire fabuler sur des endroits dont eux-mêmes ne viennent pas. Quelle performance de Pusha-T au passage. Toujours dans ce soucis de continuité, il vous explique à présent qu’il vit ce sur quoi vous fantasmez, il vit ce que vous lisez dans les faits divers, si Big K.R.I.T. est à la prod, et peut être au refrain, ne cherchez pas plus au risque de réécouter le morceau toute la journée en vain. Retour aux mignonneries avec Circles produit par The Renegades, ça chantonne, ça gazouille, une petite merveille. Parlons ensuite de All My Life, à la vue de Trouble en guest, on s’attend à quelque chose de philosophique comme d’habitude. Figurez-vous qu’il n’en est rien. Juste un petit clin d’œil à ces gens qui disent « toute la vie je fais ceci cela », croyant dur comme fer que cela se dit. Rien d’autre qu’une bêtise assez marrante. Peut-être un des flop 3 du projet, avec le morceau d’après tant qu’à faire. Cream, un des hits mainstream qui vient discréditer le personnage pourtant si plein de haine. Mais attention, il n’en reste pas moins fun et entrainant. Tout comme George Jetson où pour une fois depuis le début de la cassette on regrette l’apparition de l’invité qui répond au nom de Yo Gotti. Petite remarque les morceaux mainstream se veulent presque tous court et efficaces à l’image de Tattoo également, au refrain quasi similaire à celui de Cream dans sa structure. Alley Boy serait-il prêt à nous balancer un album made in ATL ?
Pour conclure, le public, ou plutôt le grand public n’est peut-être pas prêt pour un album d’Alley Boy. Mais ce dernier est, à peu de choses près, prêt à nous pondre un album bien solide avec des guests bien choisis tant niveau producteurs que featurings. En fin de compte, pas mal de bangers, quelques essais mainstreams, exploités de manière gauche, mais rien d’inaudible, très peu de déchets. On ne pouvait rêver mieux pour un album … à la différence que ce n’est pas un album. Cela dit, la cover nous le rappelle bien. Encore un bel essai transformé après Nigganati.
Note de l’Album : 15/20












